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Actualités | nov..2026

Oscillations en Atlantique

Souvent météo varie, comme les humeurs. En mer, connectés aux éléments, investis dans leur aventure, focalisés sur la performance, voués à se nourrir d’espérance, les marins reçoivent les émotions à plein régime, l’humeur à fleur de peau. Il suffit d’un fichier météo porteur de contradiction pour que le ciel s’obscurcisse.

Jour 5

Joint ce jeudi midi, Ian Lipinski reconnaît avoir vécu durant quelques heures « un petit coup de mou, hier. La météo n’évoluait pas comme je l’espérais : elle a changé. La dépression dont je cherche à faire le tour depuis le départ nous fuit, ce qui n’arrange pas mes affaires ». Heures creuses. Puis le skipper du Class40 Crédit Mutuel s’est repris, pour faire avancer le temps, ses ambitions et son bateau. « Ce matin, prolonge-t-il, je suis où je suis et il faut que je réussisse à m’en sortir comme ça. Je vais bien, et le bateau n’a pas de souci technique ».

Sur le plan comptable, il n’y a pas de drame. Toujours décalé dans le nord de la flotte, 18e à 96,5 milles du leader, situé plus au sud, Ian Lipinski progresse à plus de 15 nœuds, vent de travers. « La mer est sympa, la navigation très agréable dans de belles conditions, mais ça va se dégrader dans les heures à venir. On fonce vers le centre de la dépression. J’ai toujours l’espérance de réussir à en faire le tour au portant (de l’arrière, une allure qui lui est favorable), mais ce ne sera pas si simple, d’autant que j’ai de la route à faire ».

Exploiter la dépression à venir, et s’en défaire idéalement, ne sera pas une sinécure. Le vent de secteur nord sera puissant, promettant 35 nœuds, plus de 40 en rafale, et la mer sera levée… « mais ça devrait aller, rassure le solitaire. Elle est le gros objectif à surpasser, l’écueil de cette course. Et si tout se passe bien, à la sortie, je devrais recoller à la tête de la flotte… même s’il me semble que les bateaux de tête vont plus vite que les routages ».

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