
Il paraît loin, le temps des glissades en mer d’Irlande à 15 nœuds, cheveux dans le vent et sensations grisantes… Entre hier matin et ce mardi de célébration nationale, il s’en est passé, des choses. En fin de matinée de lundi, le Class40 Crédit Mutuel que Ian Lipinski avait fait glisser tout au sud de la flotte, a viré de bord pour remonter le vent, direction le nord, la poche anticyclonique située dans le sud menaçant d’engluer les plus téméraires de cette Drheam Cup.
Au premier virement de midi ont succédé sept autres manœuvres, méthodiques, pertinentes, un peu désespérées aussi, et surtout éprouvantes. Au prix d’une grosse consommation d’huile de coude, Ian a profité du vent pour rester mobile afin de servir le plan de route, mais les gains auront été assez relatifs, pour lui comme pour ses rivaux. En 24 heures, le Class40 Crédit Mutuel ne s’est rapproché que de 105 milles de Lorient, et il restait au classement de ce mardi 14 juillet, 8h00, 321 milles à parcourir pour rallier la maison.
Parti de la position la plus méridionale, Ian Lipinski se situait ce matin au nord de la flotte, en 11e position, à 35 milles d’un Corentin Douguet déchaîné. Le leader sera le premier à pénétrer l’inévitable second coup de frein dans une petite zone anticyclonique qui sera assez rapidement effacée par le retour du vent de nord-est le long des côtes bretonnes. Sera-ce suffisant pour provoquer un regroupement ? Ce n’est pas certain, mais rien n’est joué : il reste une marque de parcours à contourner au large de Noirmoutier et 90 milles à remonter pour rejoindre Lorient. Ce dernier segment sera décisif : un conflit de systèmes météo semble se mettre en place. La tempête sévira dans tous les cerveaux. Elle se mérite, la victoire au Grand Prix de France de course au large…
Drheam Cup