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Des choix qui comptent 

Il y a un peu plus de 24 heures, la flotte des 24 Class40 de cette Québec Saint-Malo naviguait dans l’ordre et la mesure. Et puis, hier, en début d’après-midi, le peloton a littéralement explosé, sous la double influence de l’agrandissement du champ de jeu – la majorité avait laissé toutes les terres dans son dos – et d’une situation météo peu commune et complexe à aborder. À 15 heures, tout le monde progressait l’étrave pointée vers l’est, vers Saint-Malo. Une heure plus tard, ils étaient sept à monter radicalement vers le nord, 14 à plonger résolument vers le sud. Et, ce matin, plus de 200 milles séparent en latitude le groupe méridional, mené par Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe 2004-2005, des conquérants du septentrion parmi lesquels émarge Ian Lipinski, dont nous partageons le mot du bord en fin ci-dessous.

Comme sur tous les autres monocoques de 40-pieds, à bord du Class40 Crédit Mutuel, les équipages cherchent la bonne réponse à une problématique de taille : que faire de cette dorsale anticyclonique qui, venant de l’ouest, déboule sur l’Atlantique Nord et freinera, peut-être à deux reprises, la progression vers la ligne d’arrivée ? Les sudistes ont choisi d’aller chercher des gains immédiats : dans la journée de ce dimanche, ils bénéficieront de vents d’une vingtaine de nœuds qui leur permettront de progresser vite. Suffisamment pour échapper aux vents faibles dans les jours à venir ? C’est leur pari. 

Les Nordistes ont, eux, accepté de perdre du terrain provisoirement – ils l’espèrent – afin de profiter d’ici trois jours de la naissance d’un système dépressionnaire qui viendra du nord, comme d’habitude, et qui doit leur permettre de dévaler l’Atlantique et de revenir sur les Sudistes, alors freinés par un mur anticyclonique. Un pari d’avenir. 

LE MOT DU BORD

Ian Lipinski : « Les transats se suivent et ne se ressemblent pas. Après une sortie du Saint-Laurent laborieuse, mais excitante car intense en termes de régate, nous attaquons la traversée proprement dite de l’Atlantique. Direction Saint-Malo, mais pas vraiment en ligne droite ! Nous avons décidé hier matin de nous orienter vers une route (plus) nord. Comme d’habitude, les certitudes ne sont pas de mise…. Plusieurs arguments nous ont fait pencher de ce côté-là. La route ne va pas être simple, et nous souhaitons progresser comme nous pouvons vers le nord pendant deux jours environ, afin de nous placer devant un front chaud qui va progresser vers l’Est et donc vers notre but. La question est de savoir si ce front va pousser sa route jusqu’à l’entrée de la Manche, ou va-t-il s’arrêter avant ? La réponse dans une semaine ! 

D’ici là on s’emploie à rester zen à bord. Certains ont plus de facilité de ce côté-là. Benoît essaie de m’apprendre à ne pas devenir trop anxieux au moindre pointage défavorable. J’apprends vite… mais faut m’expliquer longtemps ! On profite des nombreux oiseaux marins et des baleines qui nous entourent de ce côté de la planète ».

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