
« Hello la Terre, ici le Class40 Crédit Mutuel, en direct du milieu de l’Atlantique Nord.
Nous avançons toujours vers le nord, à la recherche d’une dépression pour nous ramener à la maison… Le vent est assez instable en force : il varie de 14 à 20 nœuds, et en direction, il oscille entre 75° et 110°. Bref, vous comprenez que ce n’est pas des plus reposant : il faut sans arrêt adapter la route et les réglages de voiles, sans compter le remplissage et le vidage des ballasts.
Les routages nous donnent encore 8 à 9 jours de course. Sur cette allure, nous devrions y être encore une quinzaine d’heures, avec un vent mollissant, ce qui va permettre à nos compagnons de route belges de revenir sur nous, encore une fois. C’est à croire qu’ils ont installé un élastique entre leur bateau et le nôtre.
Le ciel passe de dégagé, avec les étoiles qui scintillent, à nuageux, avec le passage des grains. Même si ceux-ci n’ont plus la même allure que les jours précédents, c’est le signe que nous sommes en train de sortir des alizés.
La température a pas mal chuté : on a sorti les doudounes pour la nuit. La journée, ça passe encore en tee-shirt. On a eu pas mal de poissons volants sur le bateau ; on entend par moments un “dong”, signe qu’un poisson vient de se fracasser contre la coque.
On essaie de se reposer au maximum, mais ce n’est pas une réussite : le stress commence à monter avec ce resserrement prévu. Jusqu’où les Belges vont-ils se rapprocher ? Vont-ils opter pour une autre route que nous ? Bref, on surveille tout ça.
Même si nous devons entrer les premiers dans l’anticyclone, il faut se concentrer sur notre trajectoire, car une fois dans le petit temps, plus de contrôle de l’adversaire possible : on aura une vitesse très faible pendant quelques heures.
Les deux modèles météo que nous utilisons ne voient pas l’anticyclone exactement au même endroit, malgré le fait qu’on parle d’une prévision pour demain ! Il faut faire un choix, et surveiller l’évolution des fichiers météo tant qu’on a encore un peu de vent, pour ajuster notre placement.
Voilà pour cette nuit. »