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Mot du bord – Jour 18

« Hello la Terre,

Quelques nouvelles du bord. Aujourd’hui, c’est samedi… enfin, vous lirez probablement ce message dimanche ! Les jours défilent : nous sommes maintenant à 5 jours de l’arrivée. Cinq jours, qu’est-ce que c’est ? Rien comparé aux 17 que nous venons de passer avec Alan sur ce beau navire qu’est Crédit Mutuel.

Hier, c’était la récompense d’être sortis de ces mers du Sud. On conservait cette houle de sud-ouest, mais la mer était rangée : une seule houle, qui persiste encore aujourd’hui.
Aujourd’hui, c’est un rappel que nous sommes bien en terrain hostile. Attention, rien de comparable avec ce que nous avons vécu, mais une navigation tout de même moins agréable. Le vent a tourné, puis s’est renforcé. Résultat : nous sommes au près. Si, si, on va faire un peu de près pas énorme, mais suffisant pour que de petites vagues, liées au vent, se mettent en place. Pas grand-chose : entre 1,5 et 2 mètres.
Cela donne non pas une houle croisée, mais une houle en opposition avec les vagues générées par le vent. Pas très confort. Le bateau tape un peu, mais ça reste raisonnable : j’ai connu bien pire.

Niveau course, bien sûr, on est contents : on grapille quelques petits milles sur nos amis belges non, sur nos concurrents belges, il faut passer en mode on ne les aime pas, même si ce n’est pas vrai. Ben est quelqu’un que j’apprécie, avec qui nous avons fait une transat Québec–Saint-Malo, et Jamila est toujours souriante. Je la connais moins, mais elle a l’air sympa. Bref, il faut avouer qu’ils ont bien navigué jusqu’à maintenant.
Les derniers fichiers météo ne sont pas très gentils avec eux, et c’est tant mieux pour nous ! Un anticyclone nous barre la route pour Valparaíso. Alléluia ! Enfin une météo où nous allons avoir notre chance de revenir sur eux. On croise les doigts pour que le jeu soit complètement relancé. C’est une sorte de seconde chance pour nous, à nous de la saisir.

C’est bien pour la course, ça va mettre un peu de suspense. Je me rappelle de cette arrivée à La Réunion où Ian et Amélie avaient super bien bossé, puis le devant avait relancé les cartes, et finalement nous avions été les grands perdants de cette étape. Rien n’est jamais fini tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie. J’ai toujours dit que seule la ligne d’arrivée compte ; tout ce qui se passe avant n’est que de la chance. Ça en fait rire certains, d’autres non.

Bon, je vous laisse : le vent tourne un peu, enfin ! Je vais ajuster les réglages et la trajectoire du bateau afin d’optimiser notre fin de parcours. »