
Hier, jeudi, le Class40 Crédit Mutuel a passé le cap Horn dans des conditions idéales. Ian Lipinski et Antoine Carpentier ont, pour la première fois, fait le tour du plus mythique des trois caps des tours du monde dans le sens des courants. Les voici de retour dans l’Atlantique.
L’océan Pacifique est désormais dans leur tableau arrière. C’est l’Atlantique sud qui cingle désormais leur étrave. Et même si les latitudes sont encore bien basses, les deux marins retrouvent des schémas et des systèmes dont ils sont plus coutumiers. De l’océan Pacifique, Ian Lipinski et Antoine Carpentier garderont un goût doux-amer. « Ces deux derniers jours, disait hier Ian Lipinski, les conditions ont été plus musclées ; on a eu quelques émotions dans la nuit ».
Si la navigation depuis le départ de Valparaiso aura été invariablement musclée sur les quelque 1500 milles avant le cap Horn, la régate, elle, a changé de tournure depuis l’arrêt forcé de Belgium Ocean Racing – Curium, pour deux sérieuses avaries (drisse de J1, chariot de grand-voile cassé), trois jours après le départ. Jonas Gerckens et Corentin Douguet sont restés amarrés à Valvidia, petit port chilien, dans l’attente de pièces. Depuis trois jours et demi, l’équipage leader de la Globe40 a repris sa marche avant et tente de gommer son retard, établi à 526 milles ce jour sur le Class40 Crédit Mutuel.
« C‘est sûr que l ‘excitation de la régate rapprochée n’est pas là, souligne Ian. Cependant ils sont qu’à 500 milles, et on n’oublie pas que l’équipage allemand, qui avait 700 milles de retard avant l’arrivée à la Réunion, a fini par nous passer devant. Donc ce n’est pas fini. Mais c’est vrai que cette petite avance nous a permis de lever un peu le pied quand les conditions ont été difficiles, à un moment où il fallait être un peu raisonnable pour éviter de casser tous les bateaux. L’escale, ça nous pend tous au nez : il y a trois jours, dans 35 à 40 nœuds et dans pas mal de mer, il nous est arrivé une bricole qui nous a fait envisager un arrêt pour trouver une solution. Même si on essaie d’emmener le plus de matériel de spare en mer, on ne peut pas tout avoir en double. Ça a été un avertissement pour nous… et il faut aussi un peu de réussite ».
La suite ? Il reste environ 3000 milles à parcourir jusqu’à Recife. Les conditions s’annoncent changeantes, un vrai patchwork de situations : « On a plutôt du près et du reaching, disait hier le skipper, puis il va y avoir un peu de tout : de la pétole, des anticyclones, des dépressions, du reaching, du près, du portant. On va avoir froid et on finira par avoir chaud. C’est bien : on ne va pas s’ennuyer. Et on va continuer à s’appliquer ».
Globe40