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Un nouvel équipage au départ de la 4ème étape de la Globe40

Après trois intenses étapes, et comme initialement prévu, Ian Lipinski cède la barre à Antoine Carpentier, promu skipper du Class40 Crédit Mutuel pour la 4e étape de la Globe40, avec Alan Roberts pour co-skipper. Les deux hommes couperont la ligne de départ ce 1er janvier 2026 à 5h00, heure française. Face à eux, 6228 milles dans l’océan Pacifique entre Sydney et Valparaiso.

La Globe40 est bien une grande et longue route, passionnante et harassante à la fois. Le temps d’une étape, le skipper du Class40 Crédit Mutuel s’impose un moment nécessaire de récupération, qu’il va mettre à profit pour retrouver sa famille. Après 16721 milles (31 000 km) de navigation engagée depuis le départ de Lorient, le 4 septembre dernier, Ian Lipinski cède donc les commandes du Class40 à Antoine Carpentier, avec qui il fait tandem depuis 2023. 

C’est l’esprit serein que Ian Lipinski laisse partir un équipage composé de deux navigateurs extrêmement expérimentés : Antoine Carpentier et Alan Roberts, figariste anglais émérite et équipier de luxe en classe Imoca. « Je me sens en totale confiance parce qu’ils ont énormément de compétences, pose Ian Lipinski. Antoine connaît bien le bateau, Alan a fait quelques navigations dessus et il est extrêmement motivé et content de faire cette étape. Est-ce un peu étrange de confier son bateau ? Oui et non : je le fais régulièrement à l’occasion de convoyages, mais pas sur des courses, c’est vrai. La transmission a été très fluide : Antoine connaît déjà beaucoup de choses et Alan a été très proactif dans la prise en main du bateau. Il n’a pas besoin qu’on lui explique deux fois les choses ».

« Prendre la mer sans le boss, c’est sûr que c ‘est un peu bizarre, ça augmente un peu la pression sur mes épaules, révèle Antoine Carpentier. J’avoue être moins serein que quand je pars avec Ian, mais c’est un peu normal parce que je n’ai jamais beaucoup navigué avec Alan. On s’est calé pour les manœuvres et on a commencé à poser une organisation en double. Je ne suis pas inquiet pour autant : Alan a un gros cv et, sur les quelques navigations qu’on a partagées, ça saute aux yeux qu’il pige très vite et qu’il intègre les fonctionnements, et il s’est adapté super vite au bateau ». 

Alan Roberts, lui, a été choisi pour suppléer Amélie Grassi, initialement programmée pour courir cette étape à travers le Pacifique, mais elle aussi a accusé le contrecoup d’un trimestre épuisant sur les mers, entre la Globe40 et ses engagements dans The Ocean Race Europe. 

« C’est à la Réunion que s’est décidé le fait que j’allais monter à bord du Class40 Crédit Mutuel pour cette 4e étape, précise le Britannique. C’est chouette pour moi, qui n’ai jamais couru dans le Pacifique. C’est une nouvelle aventure, une nouvelle expérience, et je suis très excité aussi par le fait de courir sur ce nouveau bateau sur lequel l’équipe a beaucoup travaillé pour développer ses performancesJ’ai eu l’occasion de rencontrer Antoine, avec qui je n’avais jusque-là jamais navigué, et c’est cool ! Il a une énorme expérience et de très grandes compétences. On s’entend bien et je pense qu’on est assez complémentaires : on avance dans le même état d’esprit, on aime coller au bateau et chercher la performance. Je sens une bonne énergie, d’autant que nous sommes frais physiquement. Il y aura plus de 6000 milles de traversée ».

6228 milles théoriques exactement, qui confèrent à l’étape un coefficient 3, le maximum qu’attribue cette Globe40. Pour le Class40 Crédit Mutuel, 2e du classement général derrière le redoutable Belgium Ocean Racing – Curium, c’est une belle occasion de reprendre les commandes. Mais, surtout, cette trajectoire entre Sydney et Valparaiso se dessine exclusivement dans l’océan Pacifique, dans des systèmes météo rarement complaisants. « On part pour une Transpacifique, c’est une grosse étape, souligne Antoine Carpentier. Je ne sais pas si c’est un morceau de bravoure, de l’inconscience ou un peu des deux (il sourit) ! Pour moi, ce sont des mers inconnues, et je suis assez impatient d ‘y aller. Une part de moi espère qu’on ne va pas rencontrer des tempêtes trop fortes. J’ai eu avec Ian un temps de transmission au cours duquel on a beaucoup discuté de l’utilisation du bateau dans des mers très fortes avec du vent relativement puissant, ce qui est nouveau aussi. Et puis on a échangé sur les détails qui font que le bateau va plus vite, sur la vie à bord, les dangers, ce qu’il faut surveiller. C’est important de se rappeler les points de faiblesse du bateau sur lesquels il faut garder l’œil et sur les occasions d’appuyer sur l’accélérateur ». 

Le Class40 Crédit Mutuel, qui avait souffert entre le Cap-Vert et La Réunion, ce qui avait nécessité un travail intense de remise en état durant trois semaines, est arrivé « en très bon état à Sydney, précise Ian Lipinski. Le bateau allait déjà globalement bien à l’arrivée, ce qui était une bonne chose, et principalement au niveau structurel. On est content, tout a bien résisté ». 

Une course crescendo

Ce 1er janvier à 5h00 heure française, les concurrents couperont la ligne de départ dans la sublime baie de Sydney, où ils rencontreront d’abord des conditions de navigation assez calmes, une dorsale anticyclonique passant sur l’Australie. Naviguant vent de face dans la baie de Sydney, les sept concurrents (Next Generation Boating around the World étant en chantier, son gréement ayant cédé) vont avancer dans une houle un peu formée, puis ils quitteront la baie, vireront vers le sud afin de contourner l’anticyclone à la recherche de vents plus forts, venant de l’ouest. Le vent tournera et les Class40 avanceront au reaching puis au portant. Une fois au sud de la Nouvelle-Zélande, ils retrouveront le train des dépressions des latitudes australes après 5 ou 6 jours de mer, à la limite des zones des glaces, situées assez haut, au 50°S.  La suite est encore incertaine, les modèles météo divergeant, mais les deux marins savent qu’ils avanceront au portant autour de l’Antarctique avec le souci de gérer au mieux les systèmes météo qui leur passeront dessus d’ouest en est. La clé stratégique cette étape qui devrait durer plus de trois semaines et demie se jouera sur le tard : il faudra choisir avec le plus grand soin le juste moment de quitter les régimes antarctiques pour remonter franchement vers Valparaiso. 

Ian Lipinski, lui, va s’offrir une respiration d’un mois. « Mon programme ? Larguer les amarres du bateau, assister au départpuis nous filerons au Chili pour découvrir un petit peu de ce pays, et je serai là pour accueillir Antoine et Alan ». Et célébrer la victoire ? « J’espère qu’elle sera au bout, parce qu’on a bien besoin de ces points avec le coefficient maximum ».

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