C’est en leaders que Antoine Carpentier et Alan Roberts concluent la première des quatre semaines de la 4e étape de la Globe40 La Grande Route. Munis d’une courte avance sur Belgium Ocean Racing – Curium, les deux marins du Class40 Crédit Mutuel font très bien le job, dans le sud de l’océan Pacifique.

Depuis une semaine, Antoine Carpentier et Alan Roberts mènent le Class40 Crédit Mutuel à travers le Pacifique. Partis de Sydney le 1er janvier, avec Valparaiso pour destination, soit un mois de mer, les deux marins ont donc effectué un quart du chemin sans le patron, Ian Lipinski, qui a pris le temps de souffler après trois mois de navigation très intenses. Et, sans douter un instant du très haut niveau de compétence des deux navigateurs, pallier l’absence du « patron » reste un sujet. « Nous nous sommes appliqués à faire marcher le bateau, ce qui n’est pas simple quand le boss n’est pas là », reconnaît Antoine Carpentier, promu skipper.
Depuis le départ, et probablement pendant un long moment encore, le Class40 Crédit Mutuel navigue de conserve avec Belgium Ocean Racing – Curium (piloté par Benoît Hantzperg et Djamila Tassin). En tête, Antoine Carpentier et Alan Roberts possèdent 4 milles d’avance sur leurs rivaux, le plus grand écart tangible entre les deux bateaux depuis le départ, puisqu’ils naviguent à la limite de la zone d’exclusion à la navigation, au 50° S sur des trajectoires similaires… comme depuis le début de cette 4e étape.
« Nous avons essayé de choisir les bonnes trajectoires sans forcément intégrer ce que faisait Belgium Ocean Racing – Curium, résume Antoine Carpentier. Coller à leur trajectoire n’est pas un choix stratégique : avec des pointages toutes les quatre heures, c’est difficile de marquer un concurrent à la culotte ». « Nous avons fait une bonne première semaine,se réjouit Alan Roberts. On est vraiment dans le match, côte à côte avec l’équipage belge, ce qui n’est pas fait exprès. On est juste conscient de là où ils sont, on suit nos propres idées. On ne les voit pas tout le temps, même si on a été très proches, et le hasard a fait qu’on s’est souvent rapprochés. Est-ce qu’ils nous suivent ? Peut-être… »
Après 9 jours de course, les marins du Class40 Crédit Mutuel ont encore 4400 milles à parcourir. Ils ont laissé derrière eux la Nouvelle-Zélande et progressent désormais dans la partie la plus inhabitée du Pacifique. Face à eux, l’immensité de l’océan, sans terre ni contrainte excepté la zone des glaces. Désormais loin de tout, livrés à eux-mêmes sur un bateau d’à peine plus de 12 mètres, Antoine et Alan avancent dans l’inconnu. « Je n’ai pas encore ressenti le vertige des grands espaces, précisait, jeudi, Antoine Carpentier qui le redoutait avant le départ ; la présence de la Nouvelle-Zélande a dû y être pour quelque chose ». Alan Roberts, lui, a pris la mesure du bateau. Une semaine de navigation dans les vents tempérés, parfois forts et sur une mer croisée, voilà la meilleure des master classes. « Je commence à prendre mes habitudes dans le bateau à comprendre comment ça marche, dit le jeune marié. Plus je comprends, plus je peux explorer des petites idées sur les réglages, sur les choix des trajectoires. C’est cool avec Antoine, on a fait tous les manœuvres en deux, ce qui nous permet d’être hyper efficaces et rapides. On a discuté pas mal avant, ce qui a fait accélérer la progression de l’utilisation de la machine. Tout l’enjeu, c’est de ne pas casser le bateau, parce que c’est un bateau qu’on peut pousser très fort. Mais ça peut aussi taper fort, et il faut vraiment faire attention à ne pas faire une de ces bêtises qui coûtent cher… pas seulement au classement. Pour l’instant, on tient ce cap plutôt bien ».
Positionnés ce vendredi au plus bas de ce que le règlement de la Globe 40 La Grande Route autorise, les leaders de la 4e étape vont composer avec les phénomènes météo qui arrivent dans leur dos et finissent par les dépasser. Le jeu est d’en tirer bénéfice plus que de subir. Dans les jours qui viennent, une dépression assez musculeuse devrait leur rouler dessus. Il sera l’heure de courber l’échine. Au bout du bout du monde.
Globe40