
« Hello la Terre,
Les dernières 24 heures ont été rudes, pour le bateau mais aussi pour les marins.
À l’heure où je vous écris, le vent est bien tombé. Nous avons eu jusqu’à 40 nœuds de vent et maintenant nous en avons à peine 15. La mer est encore formée, mais nous n’avançons plus à toute vitesse, ce qui réduit considérablement la force des impacts sur l’eau.
La température ambiante s’est nettement refroidie : on a démarré le chauffage, sorti les sous-couches polaires. Le cap Horn approche à grands pas, nous faisons nos dernières heures de près avant ce passage mythique. J’ai hâte d’être devant ce rocher tant convoité, mais je suis aussi un peu sur la réserve quant aux conditions dans lesquelles nous allons le passer.
Du vent, nous en aurons. Au portant, c’est toujours mieux qu’au près ! L’avantage, c’est que nous allons pouvoir naviguer en bons marins et non pas en régatiers acharnés. Le mot d’ordre : ne rien casser, adapter notre voilure aux conditions que nous allons rencontrer, prendre du plaisir avec le minimum de stress.
On a aussi commencé à regarder les conditions après le cap Horn, qui n’est qu’à un tiers du parcours de cette étape 5 de la Globe40. L’Atlantique Sud ! Ce lieu où naissent les dépressions qui traversent tout le globe dans les latitudes du Grand Sud. La météo y est presque imprévisible : d’un jour à l’autre, les routages ne sont pas les mêmes. Un coup on longe les côtes, un coup on part au large… Ça va être compliqué en termes de choix de route.
Je vous souhaite une bonne journée. Pour nous, la nuit commence à tomber. »
Globe40